KINSHASA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) font état d'une situation humanitaire de plus en plus préoccupante, alors que le nombre de décès liés à Ebola dans le pays atteint 930, sur fond d'agressions persistantes contre le personnel soignant dans les régions de l'est. Cette épidémie, officiellement annoncée en mai 2026, marque la dix-septième résurgence d'Ebola dans l'histoire du pays. Les autorités confirment que plus de 2 180 cas ont été recensés à ce jour, ce qui en fait l'épidémie d'Ebola à la propagation la plus rapide jamais enregistrée. Les efforts de riposte continuent de se heurter à des obstacles importants en raison de l'insécurité locale et des dommages causés aux infrastructures dans les principaux foyers de contamination.

La crise actuelle est due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante moins courante pour laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni traitement standard. Les provinces de l'est, notamment l'Ituri, concentrent environ 90 % des cas confirmés et des décès. Les équipes soignantes locales et les travailleurs humanitaires internationaux intervenant dans les centres de traitement isolés sont confrontés à des risques opérationnels croissants, ce qui les oblige à se relocaliser temporairement à Bunia, la capitale provinciale. Par ailleurs, les grèves des personnels de première ligne, motivées par le non-paiement de leurs salaires, ont aggravé les difficultés déjà rencontrées dans la mise en œuvre des stratégies de confinement, le traçage des contacts et les soins cliniques.
La situation sécuritaire s'est encore dégradée après une série d'actes de violence visant des établissements médicaux dans la province d'Ituri. À Nyakunde, dans un centre de soins, des affrontements armés et des attaques de foules ont contraint à l'évacuation des patients et du personnel suite au pillage des locaux. Selon les rapports d'incidents, plus d'une douzaine d'attaques délibérées ont été perpétrées contre des équipes de terrain, des dispensaires et des unités funéraires dans toute la région. Le refus des communautés locales de respecter les protocoles d'inhumation sécurisée et les restrictions de déplacement a souvent engendré des troubles, entravant ainsi des opérations de surveillance essentielles.
Les problèmes de sécurité entravent les activités médicales en Ituri
Les organisations humanitaires internationales continuent d'accroître leur soutien d'urgence aux initiatives gouvernementales de lutte contre l'épidémie, malgré d'importantes difficultés opérationnelles. Sous l'égide de l'OMS, les efforts sur le terrain se concentrent sur l'augmentation des capacités cliniques et le déploiement d'équipes d'inhumation sécurisée dans les zones de transmission active. Le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que les conflits régionaux en cours et la méfiance des populations locales rendent les conditions opérationnelles particulièrement difficiles. Parallèlement, les données de santé publique confirment que le nombre de décès dus à Ebola en République démocratique du Congo a atteint 930, dans un contexte d'attaques contre le personnel de santé, soulignant l'urgence d'un accès sécurisé aux zones touchées.
Les partenariats entre le CDC Afrique et des ONG comme Samaritan's Purse demeurent essentiels pour assurer la continuité des tests de diagnostic et des traitements. Cependant, des obstacles logistiques continuent d'entraver l'acheminement régulier de fournitures médicales dans les zones de conflit. Les équipes d'urgence adaptent leurs stratégies et déploient des unités mobiles dans des régions reculées comme Tshopo, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les autorités constatent que les premières mesures de confinement mises en œuvre dans les centres urbains secondaires ont montré des signes encourageants, grâce à une coopération communautaire soutenue.
Les agences sanitaires mondiales activent l'assistance technique
Les contraintes financières et la pénurie de ressources limitent la portée de la riposte internationale. Gilles Fagninou, directeur régional de l'UNICEF, a souligné que les financements n'ont pas suivi le rythme de la propagation du virus. La maîtrise de la transmission dépend fortement d'une mobilisation rapide des fonds, de la sécurisation des voies de transport et du rétablissement de la confiance au sein des populations locales. Sans un soutien international continu, les équipes de confinement risquent de perdre du terrain dans les zones densément peuplées et sur les axes de transit très fréquentés par les travailleurs mobiles.
Les systèmes de santé mondiaux restent en état d'alerte maximale suite aux évacuations préventives. L'Agence britannique de sécurité sanitaire a récemment suivi le cas d'un agent de santé rentrant à Londres après une possible exposition au virus dans l'est du Congo, même si le risque global pour la population demeure faible. Les contrôles aux frontières ont été renforcés en Ouganda voisin afin de prévenir la propagation régionale. Les comités d'urgence soulignent que la surveillance rigoureuse, le déploiement rapide des outils de diagnostic et une forte implication des communautés sont essentiels pour stopper la transmission de la maladie en Afrique centrale.
L’article « Le nombre de décès dus à Ebola en RDC atteint 930 alors que les attaques se poursuivent » est paru initialement sur Gulf Outlook : Voir le Golfe au-delà des gros titres.
